Christine Vermorel-Delmas
Coach professionnelle en thérapie cognitive et comportementale
LE REEL

17 Avril 2026 - LE REEL
Bonjour à tous,
J’espère que vous allez bien et que vous avez trouvé le temps de vous ressourcer en vacances et de profiter du beau soleil du printemps !
Le Réel, mais de quoi parlons-nous et pourquoi ce sujet ?
Je constate lors de mes accompagnements une incompréhension des managers entre ce qui doit être fait et ce qu’il semble possible de faire. De même beaucoup considèrent que leur N+1, quel que soit le niveau de la hiérarchie, sait exactement ce qu’il fait, et la charge que cela représente. Alors qu’en réalité c’est loin d’être le cas.
Dans mes sms mensuels, j’ai déjà abordé la psychodynamique du travail et les travaux de Christophe Dejours. Ce thème revient beaucoup en ce moment, compte tenu du nombre de Burn-Out.
Nous allons voir ici l’importance du travail réel et de le travailler avec les Managers.
Ce que je fais notamment lors de mes sessions avec eux.
Pour bien comprendre, il est important de comparer travail réel et travail prescrit :
Le travail prescrit, c’est ce que les procédures, les fiches de poste ou les manuels définissent comme devant être fait. Il s’agit d’une vision idéalisée, souvent déconnectée des réalités du terrain. Qui n’a pas pris un poste avec une définition de son poste à l’embauche et réalise finalement de nombreuses autres tâches ?
Le travail réel, c’est ce que les salariés font effectivement pour atteindre les objectifs, en tenant compte des imprévus, des contraintes invisibles, des ajustements nécessaires et de l’intelligence pratique (Dejours, 1998). C’est un travail vivant, créatif et adaptatif.
Pourquoi le travail réel est-il central ? Ce sujet concerne différents points incontournables pour le bon fonctionnement de l’entreprise :
L’efficacité opérationnelle d’abord : Le travail réel est le lieu où se joue la performance réelle de l’entreprise. Ignorer cette dimension revient à méconnaître les leviers concrets de la productivité.
La santé et l’engagement : Reconnaître le travail réel, c’est reconnaître l’effort d’adaptation, la souffrance parfois, mais aussi la fierté et la créativité des salariés (Dejours, Travail, usure mentale). Cela nourrit le sentiment d’utilité et de reconnaissance, essentiels à la santé mentale (lien avec la psychodynamique du travail).
Et enfin, L'innovation : Le travail réel est une source d’innovation informelle. Les ajustements quotidiens des salariés peuvent inspirer des améliorations organisationnelles. Cela touche directement la notion de créativité qui a son importance notamment dans ce qui fait sens au travail.
Si le travail réel est ignoré, quels sont les dommages :
Pour les salariés :
On parle de souffrance « éthique » : lorsque le travail réel est nié, les salariés ressentent un déni de réalité, ce qui génère de la souffrance. Ils doivent "mentir" sur leur travail pour correspondre aux attentes prescrites, ce qui érode leur intégrité.
Les risques psychosociaux : Stress, burnout, désengagement. L’absence de reconnaissance du travail réel est un facteur majeur de déséquilibre psychique.
La déshumanisation : Le salarié est réduit à un exécutant, sa dimension humaine et créative est ignorée.
Pour l’organisation :
Une perte de performance : Les dysfonctionnements non résolus (car invisibles dans le travail prescrit) s’accumulent, menant à des coûts cachés (absentéisme, turnover, erreurs, tâches obsolètes.. ). Comment bien piloter lorsqu’on ne connait pas la réalité ?
Une certaine rigidité : Une organisation qui ne capte pas le travail réel devient incapable de s’adapter aux changements (marché, technologies, etc.).
Cela peut aller jusqu’à la perte de sens : Les salariés se désinvestissent, la culture d’entreprise se dégrade. La relation de confiance entre salarié et organisation est rompue.
Pour la société toute entière :
D’énormes coûts sociaux : La souffrance au travail a un impact sur les systèmes de santé, les familles, et la cohésion sociale (rapports de l’ITR, Insitut du Travail Réel).
Un grand sentiment d’Injustice : Les inégalités se creusent entre ceux dont le travail réel est valorisé (cadres, experts) et ceux dont il est ignoré (ouvriers, employés de première ligne).
Alors, comment le management peut-il intégrer le travail réel ?
Créer des espaces de discussion : les sessions que je propose aux managers (mélange de groupe de pairs, analyse de la pratique et co-développement) répondent bien à cette problématique. Travailler avec eux sur leur capacité à faire confiance, à développer l’autonomie responsable et la reconnaissance. Mais surtout cela implique de les sensibiliser à l’importance de développer leur capacité d’écoute et d’analyse du travail réel et à ses enjeux. Mieux comprendre pour mieux ajuster ou/et répartir la charge différemment.
Intégrer la prise en compte du travail réel dans les indicateurs de performance, les évaluations, et les politiques RH. Assumer que le travail réel est légitime et nécessaire, même s’il s’écarte du prescrit.
EN RESUME :
Ignorer le travail réel, c’est :
- Nier l’humain dans le travail.
- Priver l’organisation de sa capacité d’adaptation et d’innovation.
- Créer des coûts cachés (santé, performance, turnover).
Le reconnaître, c’est :
- Valoriser l’intelligence collective.
- Construire une organisation résiliente.
- Réconcilier performance et bien-être.
Je me tiens à votre disposition pour échanger sur le sujet.
Je vous souhaite une belle fin de semaine et un excellent WE.
A bientôt,
Christine Vermorel-Delmas
Coach diplômée « D.U. Coaching en entreprise » IAE LYON III
Tel. : 0660485399 christine@prospectivh.fr

